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Rdr justice pike's basin07 Arrêtez-vous, hors-la-loi !
Sur cette page, mes adjoints et moi avons repéré des Spoilers. Vous risquez de rencontrer des éléments clés de l'intrigue en lisant ce qui suit.


« L'épopée de Jack Marston » est une fanfiction du Bureaucrate de Red Dead Redemption Wiki, Etherfull.


Info ATTENTION : la fanfiction contient des spoilers. Ses éléments mentionnent la fin de Red Dead Redemption ! Si vous n'avez pas fini le jeu ou que vous ne connaissez pas ce qu'il se passe à la fin, ne lisez surtout pas ce qui suit !


Synopsis

Cette section contient des Spoilers, des informations cruciales sur l'intrigue du jeu sont révélées.
Ceci comprend notamment les liens.

1914. Jack Marston vient d'abattre Edgar Ross, l'homme qui avait tué son père trois ans auparavant. Vivant désormais une vie tranquille dans son ranch de Beecher's Hope, il va recevoir une visite qui va le pousser à en savoir plus son défunt père, et sur ses ennemis qui perdurent malgré sa mort...

Chapitre premier : L'ours

Jack Marston attendait. Vêtu des vêtements de cow-boy portés par son père, John Marston, à sa mort, il guettait l'antre d'un horrible monstre. C'était cet ours, Gral. Un animal sans pitié qui tuait toute la faune de Tall Trees avant de la dévorer. Ses « exploits » étaient célèbres de Blackwater à Armadillo. Peut-être même juqu'à Gaptooth Breach. Une dizaine de chasseurs s'étaient lancés à ses trousses depuis que l'animal avait tué deux personnes qui campaient dans Tall Trees. Mais, pour Marston, tuer cette horrible créature devait lui permettre d'avoir beaucoup de viande pour manger, et surtout d’obtenir de l'argent. Par ailleurs, le Shérif avait fait une annonce disant que celui qui tuerait Gral gagnerait une grosse somme d'argent. Jack, muni de son fidèle fusil à bisons, était caché sur les hauteurs d'une toute petite falaise, derrière un rocher, qui surplombait l'antre de Gral. Cette antre était un gigantesque terrier creusé par la bête à l'intérieur d'une autre petite falaise. Jack avait une vue panoramique. Si sa cible sortait, il ne pouvait pas la rater.

Soudain, un grognement se fit entendre. Jack chargea son fusil et le pointa en direction de la grotte. Une ombre massive en sortit. C'était lui. Gral se tenait, dans toute sa splendeur et sur ses deux pattes arrière, en contrebas. Jack le mit en joue, visant la tête. Mais l'ours se baissa soudainement, et le cow-boy manqua son tir. L'animal courut vers la petite falaise où Jack était caché. D'un seul mouvement, il fit tomber au moins une demi-douzaine de pierres, et une partie de la falaise s'effondra. Marston fût emporté par l’éboulement, et dévala toute la facade. Il s'arrêta un peu plus loin, au sol. Il ouvrit les yeux et regarda sur la droite. Son fusil était à quelques mètres de lui. Mais il n'eut pas le temps d'aller le chercher : Gral le fixait. Jack, horrifié, recula du mieux qu'il pouvait, à même le sol. Mais c'était trop tard. La bête fondit sur lui, et leva sa patte menaçante. Jack saisit alors le couteau de chasse placé sur sa ceinture, et le planta dans l'abdomen du monstre en un ultime mouvement. Ce dernier gronda de douleur, et s'effondra sur le sol. En sueur, Marston s'avança vers le couteau, et l'enleva de la plaie. Il dépeça alors l'ours, prit sa peau, ses dents, ses griffes acérées. Puis il se releva avant de ranger tout cela dans sa besace avec difficulté. Il remonta sur son cheval, un Trotteur Américain, et le fit aller au galop.

Il passa par Manzanita Post, puis retourna à Beecher’s Hope, le ranch de sa famille. Tout semblait si vide en cet été 1914. Le silo de maïs était une fois de plus assiégé par les pigeons. Jack déposa son cheval à la barre d’attelage, puis accourut dans la maison pour saisir la carabine Evans. 22 balles dans le chargeur ; de quoi abattre les pigeons en vol. Il ressortit rapidement, puis commença à faire fuir les oiseaux qui tournaient autour du silo. Après s’être occupé de ces petits détails, il remonta en selle. Il avait en tête de vendre la peau au magasin général de Blackwater. Il hésitait à garder les morceaux de viande de très grande valeur pour plus tard. Finalement, il chevaucha à travers Great Plains avec l’idée de revendre seulement la peau de Gral et ses griffes acérées. Une fois arrivé en ville, il contempla la modernité du pavé, les gens qui se disaient bonjour dans la rue. Il passa devant le saloon ; remarqua une partie de poker bien avancée. Il descendit de son cheval qu’il déposa une fois de plus à une barre d’attelage, située cette fois-ci devant le magasin général. L’enseigne affichait : « Blackwater General Store ». Il entra à l’intérieur en poussant la porte. Norris Laskey, l’homme qui tenait le magasin depuis des années, lui souhaita la bienvenue :

  • Monsieur Marston ! Heureux de vous retrouver !
  • Bonjour, Norris. J’ai quelque chose qui pourrait vous intéresser, répondit Jack d’un ton moqueur.

À ces mots, le commerçant tressaillit et se frotta les mains.

  • Avez-vous enfin tué cette bête ?

Jack esquissa un simple sourire, puis releva légèrement son chapeau. Laskey comprit alors :

  • Vous avez réussi, monsieur Marston ? Vraiment ?
  • Oui, Norris. Je l’ai trouvé dans Tall Trees. Des semaines de recherches.
  • Mais comment avez-vous fait ?
  • Avant-hier, alors que chassais dans Tall Trees avec mon chien, Rufus, j’ai entendu des grognements provenant des environs. Je suis tombé sur Gral ; il dévorait un cerf. Heureusement pour moi, il ne m’a pas remarqué tout de suite, et Rufus n’a pas ouvert la gueule. J’ai pu le suivre pour savoir où il avait établi sa tanière.
  • Pourquoi ne pas l’avoir tué à ce moment-là ?
  • Je n’étais pas armé pour. D’habitude, je prends toujours mon fusil à bisons pour chasser dans la région. Mais, avant-hier, je ne l’avais pas pris. Durant toute la matinée d’hier, je l’ai attendu en face de son immense tanière. Mais rien n’en est sorti. Ce que n’est qu’il y a une demi-heure que j’ai réussi à m’en occuper. Et j’aurais pu y rester.

Laskey semblait fasciné par ce récit. Il saisit quelque chose sous son comptoir, puis sembla se résigner. Ce mouvement était assez machinal chez lui. Jack sortit de sa besace la peau de la bête qu’il avait tuée. En bon acheteur, Laskey lui lança :

  • 3000 dollars, monsieur Marston. J’irai pas plus haut.

Jack fit une mine désabusée. Il avait envie de reprendre la peau qu’il avait déposée sur le comptoir, mais quelque chose l’en empêchait.

  • Allez, reprit le commerçant, 3000 malheureux dollars…

Et il céda. Le commerçant se frotta de nouveau les mains, puis y contempla la peau de Gral que lui avait donné Marston la seconde suivante. Il releva la tête, et Jack ressortit tranquillement de la boutique. En sortant, il remonta sur son cheval et décida de faire le tour de la ville de Blackwater. Alors qu’il prenait un virage, un représentant de la loi l’interpella :

  • Monsieur ! Monsieur !

Jack calma sa monture, et lui rétorqua :

  • Quoi encore ?
  • Un type est arrivé et a enlevé une pauvre femme ! Elle est ligotée ! Ramenez-la vite ! Ils sont partis vers le Nord à l’instant !

Marston secoua son cheval, qui partit au trot à l’instant qui suivit. Après quelques virages, il aperçut un homme courir avec une femme ligotée sur l’épaule, en direction des espaces verts bordant la ville. Jack accéléra à nouveau, puis, lorsqu’il fut à bonne distance, il entreprit non pas de sortir son revolver Cattleman et d’ouvrir le feu, mais bien de saisir l’homme au lasso. Il leva ce dernier au-dessus de sa tête, le fit tourner puis le lança.

Il atteint sa cible, qui trébucha. La femme tomba en un léger cri sur le sol d’herbe. Jack descendit de cheval, sans lâcher le lasso pour autant. Il alla ligoter l’homme au sol, puis détacher la femme avec son couteau. Alors qu’elle fuyait en courant, Jack prit l’homme ligoté sur son épaule et le déposa à l’arrière de son cheval ; sur lequel il remonta pour le ramener au représentant de la loi. À la vue de Jack, celui-ci fut soulagé.

  • Vous m’avez épargné un grand malheur, monsieur, dit-il.
  • Il n’y a pas de quoi, répondit paisiblement Marston en faisant descendre assez violemment l’homme ligoté de sa monture.

Le représentant de la loi lui fit un signe de reconnaissance, puis Jack repartit au trot. Alors qu’il s’apprêtait à reprendre la route de Great Plains pour rentrer à Beecher’s Hope et faire une sieste, il s’arrêta devant le saloon. Il ouvrit les double-portes du saloon et observa l’intérieur. Trois hommes et un croupier s’adonnaient à une partie de Blackjack dans le coin droit de la pièce. À leur gauche se trouvait un escalier menant aux étages. À la gauche de Jack, une autre entrée qui menait à une terrasse où quatre hommes jouaient au Poker. Des tables ainsi qu’un bar et des chaises vides lui faisaient face. Il connaissait bien le barman. Le vieux Milford Weaver n'avait vraiment pas l'air commode, et antipathique au premier abord ; il en était tout le contraire au second. Après la confrontation avec Edgar Ross il y a quelques mois de cela, Jack s’était beaucoup rendu dans le saloon de Blackwater en buvant pratiquement tous les soirs, mais de manière modérée. Il rentrait souvent tard dans la nuit, ou très tôt dans la matinée, et discutait sans cesse avec le barman. Une sorte d’amitié était née depuis. Marston s’avança vers le bar et s’assit sur l’un des tabourets. Le barman était de dos, en train de nettoyer des verres, se retourna et sembla surpris de revoir son ami :

  • Jack ! Te revoilà ? Comment vas-tu ?
  • Disons que ça va, répondit Jack.
  • Je te sers quelque chose ?
  • Non, non, ça va… Tu as entendu parler de cet ours dans Tall Trees ? Demanda Jack.
  • Bien sûr que j’en entendu parler ! Les gens le surnomment Gral, ou quelque chose dans le genre ! Haha ! Il a été tué ?
  • Oui… Par moi !

À cette annonce, les yeux de Milford semblèrent s’agrandir d’horreur, mais il se mit à ricaner et posa ses avant-bras sur le bar.

  • Des chasseurs, tu veux dire ? Questionna-t-il.
  • Non, moi-même.

Il ricana plus fort :

  • Voilà une bête au moins aussi grosse que celle que tu avais chassée près de la rivière il y a quelque mois, haha ! Cet Edgar Ross ! Haha !

Jack lui fit signe de se taire. Prononcer le nom de Ross ici n’était pas une bonne idée. Les têtes se retournèrent en direction de Milford, qui nettoya le bar soigneusement en fusillant tous les observateurs du regard. Marston reprit :

  • Ne parle pas de ce type ici. Et puis c’est du passé, tout ça. Je ne veux plus penser à mon père.

Milford s’immobilisa. Il regardait son ami droit dans les yeux.

  • Ross a tué John. Il a tué ton père. Tu regrettes ?
  • Non, j’ai bien fait de le faire payer pour ce qu’il a fait. Mais cette vie-là est finie, je ne veux pas être ennuyé par le gouvernement, je ne veux pas que l’on me force à être un mauvais type comme on l’a fait subir à mon père. Je veux m’occuper de mon ranch, et vivre ma vie, c’est tout.
  • Seul toi peux choisir qui tu dois être, Jack.

Sur ce, Marston se leva et salua son ami. Il ressortit du saloon et remonta à cheval. Il traversa de nouveau Great Plains, mais, arrivé en face de Beecher’s Hope, quelque chose clochait…


Chapitre 2 : l'étrange visite

Grande fut la surprise de Jack quand il vit une dizaine d’hommes avec des hauts-de-forme devant l’entrée de son ranch. Plus que méfiant, il s’en approcha lentement. Une fois arrivé près d’eux, il leur lança :

  • Mais qu’est-ce que vous faites ici ?! Allez-vous-en !

L’un des hommes se tourna vers lui et lui demanda :

  • C’est toi, Jack Marston ?
  • Oui, c’est moi. Mais qui êtes-vous pour me tutoyer ?

L’homme se tourna vers ses compères, qui le fixaient d’un air désemparé. Voyant leurs chevaux qui commençaient à s’affoler, Jack mit la main sur son revolver à sa ceinture.

  • Pas d’inquiétude, reprit l’homme de la bande, nous ne venons pas pour nous battre. Simple repérage.

Jack sursauta. Un repérage ? Était-ce une mauvaise blague ? Il s’énerva :

  • Sortez d’ici. Je ne veux pas vous voir autour de mon ranch, c’est clair ?
  • Le nom de Dutch van der Linde te dit-il quelque chose, petit ?

Là encore, Jack tressaillit. Dutch était l’ancien chef de la bande dont faisait partie son père à l’époque. John l’avait tué en 1911, tout comme ses anciens frères d’armes membres de la même bande, Bill Williamson et Javier Escuella.

  • Non, c’est du passé. Et puis je n’ai rien à voir avec lui. Partez, maintenant.

L’homme lui jeta un regard noir, puis fit signe aux autres de s’en aller. Ils partirent sans dire un mot. Jack entra dans le ranch, attacha son cheval à la barre d’attelage et entra dans la maison. Il alla dans la chambre de ses parents, s’assit sur le lit, et réfléchit. Le passé était en train de le rattraper. Il n’avait pourtant pas connu Dutch. Mais il était convaincu qu’on voulait lui faire payer sa mort, comme il avait fait payer celle de son père à Edgar Ross. Pourquoi ? Qui était réellement ce Dutch, par ailleurs ? Que voulaient les hommes qu’il a vus ? Étaient-ils des restes de la bande de Dutch ?

Trop de questions pour Jack en ce beau milieu d’après-midi. Il déposa ses armes au pied du lit, se déchaussa, et entama une sieste. Lorsqu’il ouvrit les yeux, il fut pris d’un spasme inhabituel qui le força à se lever d’un bond. Il renfila ses chaussures, puis hésita à ramasser son fusil à bisons et son revolver Cattleman qui gisaient sur le sol. Il se tourna vers la porte de la chambre et sortit pour aller dans une pièce voisine. C’était sa chambre de quand il n’était encore qu’un enfant. Par respect pour ses parents, il dormait toujours dans ce lit, il s’était seulement autorisé à faire un somme sur le lit de ses géniteurs.


Après un peu de nostalgie, il alla dans la cuisine et monta l’échelle qui conduisait au grenier. Là, il avait entreposé toutes ses armes. Pistolets, revolvers, carabines, la plupart d’entre elles avaient été amassés par John. Jack décida de s’armer de façon conséquente. Carabine Evans, revolver Schofield, pistolet GP, lasso et couteau. Il plaça des munitions dans sa besace, qui contenait toujours la viande de l’ours Gral et les 3000 dollars qu’il avait eu de la part de Norris Laskey. Jack avait une idée en tête. Il voulait des réponses sur son père. Il lui en avait toujours voulu de ne pas avoir été présent avec sa mère et lui, mais il savait pourquoi. Et il voulait savoir ce qu’était réellement son père. Il s’était juré de ne pas avoir d’ennuis. Mais il fallait qu’il sache…

Il descendit du grenier, sortit de la maison, et monta en selle. Qui son père connaissait-il bien en dehors de Blackwater ? Il pensa immédiatement à ce lieu où se rendait John auparavant : le Ranch MacFarlane. Jack prit la route qui descendait au sud de Beecher’s Hope et la suivit jusqu’à sa destination. Une fois arrivé, il regarda autour de lui. Le Ranch MacFarlane avait beaucoup changé, même s’il ne l’avait qu’entr’aperçu dans sa jeunesse.

Le lieu était bien tranquille, mais beaucoup de monde travaillait. Jack remarqua le Magasin Général. Il n’avait jamais vu un ranch avec son propre Magasin Général auparavant. Il contempla alors, sur sa droite, la grande maison qui devait appartenir aux propriétaires, les MacFarlane. La porte s’ouvrit d’un coup. Des enfants se couraient après, suivis d’une femme blonde aux allures paysannes, qui s’écria :

  • Les enfants ! Revenez ici ! Ne restez pas sur la route, il y a des gens qui passent, enfin !

Une autre voix, rauque, se fit entendre :

  • Laisse-les, Bonnie !
  • Si tu faisais autre chose que lire ton journal, Stanley, tu me serais bien utile ! Rétorqua la femme.

Puis, son regard se posa sur Marston. Elle fit de gros yeux. La ressemblance était tout de même frappante. Jack esquissa un sourire, et elle fit rentrer ses enfants, avant de s’approcher lentement de Jack, qui descendit de cheval et l’attela juste en bas des escaliers de la maison, sous le porche.

  • Monsieur… Monsieur…
  • Jack Marston, fit Jack.

Elle sursauta :

  • Monsieur Marston ! Oh ! Votre visage me rappelait quelqu’un !
  • Je suis le fils de John et d’Abigail Marston, madame.
  • Eh bien, enchantée ! Bonnie MacFarlane, je suis la propriétaire du ranch, je connaissais votre père. Qu’est-ce qui vous amène par ici ?
  • Je cherche des réponses, miss MacFarlane…

Elle se passa la main dans les cheveux.

  • Votre père m’appelait comme ça aussi. Que voulez-vous savoir ?
  • Des hommes sont venus près de mon ranch, Beecher’s Hope. Ils m’ont parlé d’un homme que connaissait mon père, et j’ai besoin d’en savoir plus…
  • Bill Williamson ? Demanda Bonnie.

Elle ne connaissait que Williamson. Le premier ancien membre de la bande de Dutch que John avait traqué pour Edgar Ross.

  • Et bien, ils ne parlaient pas exactement de lui, répondit Marston, mais parlez-moi de mon père quand vous l’avez rencontré. Parlez-moi de comment il était.

Bonnie réfléchit, puis répliqua :

  • À vrai dire, votre père était assez étrange au premier abord. Notre rencontre a été assez mouvementée, puisqu’il s’est fait descendre depuis les hauteurs de la forteresse de Fort Mercer, à quelques kilomètres. Mon ami, Amos, et moi-même l’avons ensuite ramassé sur le bord de la route et soigné. Il s’était réveillé dans la cabane que vous voyez là-bas.

Elle pointait quelque chose droit devant Jack, qui aperçut la cabane de bois assez délabrée quelques dizaines de mètres plus loin.

  • Il était sacrément amoché, reprit Bonnie, et pour me rembourser les soins, il m’a aidé dans le ranch. J’ai découvert qu’il avait vraiment un don pour le bétail, et qu’il savait très bien monter.
  • Oui, assura Jack, notre ranch compte des vaches dont il s’occupait avec moi lorsqu’il a pu revenir.
  • Tiens donc, j’aurais juré qu’il avait été une vache dans une vie antérieure ! Quoiqu’il en soit, plus le temps passait, plus je l’appréciais. Au final, John était presque un ami. Je ne vais pas mentir, mais il me manque. Oui, j’ai appris pour ce qu’il s’est passé il y a trois ans, et j’en suis désolée… Comment va votre mère ?
  • Elle est morte, miss MacFarlane.

La réponse de Jack fit culpabiliser Bonnie de sa question.

  • Seigneur ! Excusez-moi, monsieur Marston !
  • Ce n’est pas grave, miss MacFarlane. Continuez votre récit, je ne vous dérangerai pas longtemps. Mais que faisait mon père à Fort Mercer ? C’est un endroit infesté de bandits !
  • À l’époque, expliqua-t-elle, votre père traquait Williamson. D’après ce que j’ai compris, il l’a connu en d’autres temps et il devait lui parler. Leur conversation n’a pas été très concluante comme je l’ai dit. On sait tous de Williamson que c’était un voleur de bétail et un bandit de grand chemin, ça oui. Mais si vous voulez en apprendre plus sur lui, adressez-vous au Marshal Johnson d’Armadillo. Vous savez sûrement où c’est.

La voix rauque qui avait interpellé Bonnie peu avant l’appela de nouveau :

  • Bonnie ! Reviens, j’ai besoin de toi pour calmer ces montres !
  • J’arrive ! Hurla-t-elle.

Elle se retourna vers Jack et lui dit :

  • C’est mon mari, Stanley Riddick. Il travaillait aux chemins de fer de Benedict Point, mais il a fallu d’un voyage en train pour que je m’éprenne de lui. Et dire que je l’ai réduit à l’état de paysan ! Il devrait savoir que c’est le meilleur métier du monde, non ? Je dois aller m’occuper de mes enfants, je suis désolée, monsieur Marston.
  • Pas de problème, miss MacFarlane, dit amicalement Jack en remontant à cheval, vous m’avez déjà lancé sur une bonne piste.
  • N’hésitez pas à repasser me voir quand vous le voulez, par ailleurs si vous voulez vous reposer ici, vous êtes le bienvenu : la cabane où avait séjourné votre père est toute à vous. Bon, ce n’est pas génial au niveau du confort…
  • Merci beaucoup miss MacFarlane ! Je vous laisse, au revoir !

Bonnie le salua de la main et rentra chez elle, pendant que Marston repartait au trot. Prochain arrêt : Armadillo, région de Cholla Springs. Il connaissait la route.

Chapitre 3 : piqûre de rappel

Jack passa à côté d’un campement inhabité sur les hauteurs qui surplombaient Armadillo. Lorsqu’il arriva en ville, il remarqua sa grande rue, son dynamisme. Un train arrivait à la gare, dans un brouhaha incessant. Jack allait au pas, observait les bâtiments, remarqua le Magasin Général, le Saloon, et finalement le bureau du Shérif. Il attela sa monture et entra à l’intérieur. Un homme au chapeau blanc, assez enveloppé, était assis, les pieds en éventail sur son bureau. Lorsqu’il vit Marston, il sursauta et s’assit convenablement :

  • Bonjour, je suis le Shérif Eli. Que puis-je faire pour vous, cher monsieur ?

Jack lui répondit :

  • Je cherche le Marshal Johnson.

Le Shérif frissonna :

  • Leigh Johnson, monsieur. J’ai été son adjoint pendant des années. Il a pris sa retraite maintenant, c’est pourquoi j’ai pris sa place ici.
  • Où est-il maintenant ?
  • Aucune idée, monsieur. D’après ce qu’il nous a dit il y a quelques mois, aussi loin de cette ville qu’il le pourra.
  • Le Mexique ? Questionna Jack.
  • Je n’en sais rien, mais ce n’est pas vraiment le genre d’endroits qui l’attire. À ce qu’on raconte, il traînerait du côté de Plainview. Vous voulez que je vous indique la route pour y aller ?
  • Inutile, rétorqua Jack.

Pendant que les hommes d’Edgar Ross les avaient retenus, lui et sa mère, Jack avait beaucoup lu. Parmi ses lectures comptait une carte complète de New Austin, West Elizabeth et même de Nuevo Paraiso au Mexique. Il savait presque par cœur les chemins pour circuler entre les différentes villes. Il chevaucha jusqu’à Plainview alors que le soleil commençait seulement à se cacher derrière les arbres alentours.

Il voyait passer les gens à cheval, et parfois quelques diligences. Lorsqu’il fût à Plainview, il observa comme d’habitude ce qui se passait autour de lui. Des gens qui faisaient un tournoi de bras de fer, des ouvriers, une grande tour. Pas idéal pour un Marshal retraité. La plupart des ouvriers étaient vêtus de vêtements de travail sales et peu entretenus.

Certains portaient des bérets. Bizarrement, c'étaient surtout les hommes noirs de peau. À ce propos, si Jack ne faisait pas vraiment de différence, il était au courant qu'à Blackwater, une discrimination assez forte chez les bourgeois de la ville se faisait sentir. Les mains des travailleurs étaient assez crasseuses, à force de s'essuyer sur leurs vêtements déjà sales et salis à nouveau par leurs mains.  Il s’avança à cheval près des hommes qui faisaient un bras de fer, et s’adressa à l’un des spectateurs :

  • Bonjour, sauriez-vous où je pourrais trouver le Marshal Leigh Johnson ?

L’homme se retourna et lui rétorqua :

  • Le vieux Johnson ? Haha ! Il a perdu du poil de la bête, c’est moi qui vous le dis ! Cela fait des semaines qu’il n’est pas venu. Et puis, ici ce n’est pas un endroit pour les cow-boys comme vous, ou les vieillards comme lui. On extrait du pétrole, bon sang !
  • C’est génial, mais j’aimerais savoir où est le Marshal.
  • À votre avis, que font les vieillards dans son genre ? Ils vont chasser près de la rivière ! Mais lui, il est un peu différent. Vous savez, c’était une sacré tête de mule quand il venait ici.
  • Que venait-il faire ? Questionna Marston.
  • Rien de bien méchant, je peux vous l'assurer. Il a fait un bras de fer, une ou deux fois, et il a d'ailleurs surpris tout le monde en battant l’un d’entre nous. Mais, si je me souviens bien, la dernière fois, il parlait de cette espèce d’auberge au Nord. Enfin, ces bâtiments entourés par des murs assez hauts. Plusieurs fois, il discutait de cet endroit avec nous. Mais je n'ai jamais vraiment compris ce qu'il voulait y faire.

Jack réfléchit, essayant de voir à quel lieu la description de l'ouvrier correspondait. Il fut rapidement coupé dans ses pensées par l'homme, qui s'exclama

  • Rathskeller Folk ! Satané nom, hein ? Il disait qu’il allait se revigorer là-bas quelques temps. Mais, comme je vous l’ai dit, c’était il y a quelques semaines, donc je ne sais pas où il peut être exactement.
  • Merci.
  • Eh, cow-boy, reprit l’ouvrier, si vous voulez passer la nuit ici, vous pouvez louer une des tentes du campement pour 5 dollars. On vous fournira une barre d’attelage pour votre cheval. Un Trotteur Américain, hein ? Un excellent cheval, je ne sais pas comment vous avez fait pour l’avoir.
  • C’est bien aimable à vous. Où est-ce que je dois laisser les 5 dollars ? Demanda Jack.
  • Laissez-les simplement devant la tente quand vous repartirez demain matin. On se battra pour savoir qui les aura, haha ! Ah oui, au fait, si vous partez sans payer, on se réserve le droit de vous descendre, cow-boy.

Jack esquissa un sourire moqueur, dévisagea l’ouvrier, et partit en direction du campement. 

Il reprit la route tôt le matin. Comme convenu, il déposa les 5 dollars devant la tente. Il faisait très chaud ce jour-là. Jack se demanda maintes fois sur le chemin quelle chaleur devait frapper Nuevo Paraiso, là où New Austin fondait. D'ailleurs, jamais il n'avait mis les pieds au Mexique, hormis pour abattre Edgar Ross et venger son père. Pourtant, il en savait beaucoup sur le pays. Plus particulièrement sur Nuevo Paraiso.

Justement, il savait qu'Abraham Reyes avait pris le pouvoir en 1911, quand son père était encore en vie. Jack avait appris récemment que Reyes était devenu un tyran. Même si Nuevo Paraiso était dangereux depuis cela, il s'était toujours senti désireux de voir les contrées qui devaient tant différer de celles de New Austin et de West Elizabeth, d'apprendre l'espagnol un minimum dont il ne connaissait que quelques bases, que les livres lui avait enseignées. Il pensa beaucoup au Mexique durant tout le trajet, et arriva vers midi à Rathskeller Folk. 

Là-bas, c'était l'agitation générale. Des dizaines de gens étaient groupés au centre du village, devant l'auberge. Des cris fusaient aléatoirement : une bagarre avait éclaté. Jack, à la vue de l'attroupement, ne put réfléchir une seconde qu'une femme isolée l'interpellait déjà :

  • Monsieur ! Faites quelque chose, je vous en prie !
  • Qu'est-ce qui s'est passé ici, bon sang ? Demanda Jack, surpris.
  • C'est ma faute... Mon mari a vu qu'un autre gentleman discutait avec moi, et il s'est jeté sur lui... D'autres se joints à la bagarre et depuis, personne ne parvient à les arrêter... Ils doivent être au moins six à se battre, par pitié, intervenez...

Marston ne répondit pas. Il observa le groupe ; il y avait tellement de spectateurs beuglant comme des animaux qu'il ne pouvait pas distinguer les hommes qui se battaient. Puis il s'impatienta : il marcha rapidement vers l'amas d'imbéciles, et les poussa un à un jusqu'à se trouver au centre du cercle. Là, deux hommes gisaient sur le sol, ensanglantés mais à priori bien vivants. Quatres autres se battaient : deux hommes en mirent à terre deux autres, qui ne bougèrent dès lors plus. À la vue de Jack, tous deux se tournèrent vers lui. Dès lors, un silence de plomb s'abattit sur Rathskeller Folk. L'un d'eux portait un chapeau melon noir, un autre une sorte de tablier blanc. Ils avaient l'air très amochés, mais encore debout ; ils devaient être ces deux hommes qui se disputaient la femme à qui il parlait une minute auparavant. Soudain, en un éclair, un coup de poing de l'homme au chapeau melon jaillit de nulle part et toucha l'autre, juste sous les yeux de Jack. Et là, c'était reparti : les cris et les encouragements brefs des spectateurs reprirent leur chant. L'homme au chapeau melon se jeta sur Jack, qui lui administra un coup de genou à l'abdomen. Il alla s'écraser sur le sol comme une mouche, et Marston lui donna quelques coups de pied au niveau des côtes. 

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